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- - - Laurent Vanclaire L’innocence pervertie ou la cruauté enfantine à l’écran face à la censure Ss_titre
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Reporticle : 96 Version : 1 Rédaction : 01/06/2014 Publication : 20/06/2014
Notes

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NuméroNote
1Ces sujets peuvent aller de l’abandon, la délinquance (L’Enfance nue de Maurice Pialat (1968) ou Les Quatre Cents Coups de François Truffaut (1959)) jusqu’à la confrontation de la mort d’un parent (Cria Cuervos de Carlos Saura (1976) ou Ponette de Jacques Doillon (1996)).
2Cet article, à caractère non exhaustif, se limitera en effet à des exemples provenant du cinéma américain en ce qui concerne la première partie et du cinéma européen – anglais et espagnol – pour la seconde partie. L’étude d’autres cas, surtout issus des cinématographies asiatiques, permettrait sans nul doute d’enrichir le thème abordé en développant des particularités esthétiques propres à ces zones géographiques.
3Il faut comprendre dans le terme très large de « dépassement" la volonté de chaque réalisateur de non seulement prolonger la réflexion de la thématique de la cruauté enfantine en accentuant la gravité du propos mais surtout de traduire ce même propos grâce à une esthétique qui tentera de bouleverser sans cesse les limites de la représentation, notamment en ce qui concerne la violence graphique à l’écran.
4Voir Christian Paigneau, L’odyssée de l’enfance au cinéma, enfance et narration au cinéma, collection Ciné bazaar, éditions Bazaar and co, Paris, 2009.
5 Pour la France, notamment voir Demain les mômes (Jean Pourtalé, 1975). Pour la Belgique, plus récemment, voir Vinyan (Fabrice du Welz, 2008).
6Celui de la violence morale et physique d’un enfant envers un adulte. Sujet délicat puisqu’au cinéma il doit être sinon mis en images, au moins « envisagé » graphiquement.
7Producteur de blockbusters tels que Commando (Mark Lester, 1985), Predator (John McTiernan, 1987), Lethal Weapon (Richard Donner, 1987), Die Hard (John McTiernan, 1988), Matrix (Andy et Larry Wachowski, 1999) ou Sherlock Holmes (Guy Ritchie, 2009), sorti la même année qu’Orphan.
8Sinon la première tentative. Voir à ce sujet Mama's Little Devils: Bad Seeds and Evil Children - documentaire figurant sur les bonus de l’édition Blu-ray d’Orphan (Warner Home Video, 2009).
9Concernant les prémices de la figure de l’enfant au cinéma, voir Julie Barillet, Françoise Heitz, Patrick Louquet et Patrick Vienne, L’enfant au cinéma, collection Lettres et Civilisations étrangères, Artois Presses Université, 2008 et François Vallet, L’image de l’enfant au cinéma, collection 7e Art, Le Cerf, 2001.
10La psychanalyse est citée grâce au personnage de la voisine, férue de Freud. L’autre aspect analytique est introduit grâce à la question de l’hérédité : le meurtre se transmettrait-il par les gènes ? Cette tendance au crime trouve son origine, dans le film, par rapport aux ancêtres. D’où le titre de Bad Seed.
11Stanley Hochman, American Film Directors, with filmographies and Index of Critics and Films, collection A Library of Film Criticism, Frederick Ungar PublishingCo, New York, 1974
12Dans le texte original, Rhoda restait impunie pour ses crimes et continuait à jouer innocemment. Jack Warner choisit l’organisme de censure contre le réalisateur qui voulait conserver la fin originale. C’est le scénariste John Lee Mahin, collaborateur régulier de Victor Fleming, qui modifia la conclusion en incorporant une sorte de châtiment divin. Voir à sujet Stephen Tropiano, Obscene, Indecent, Immoral and Offensive, 100 Years of Censored, Banned and Controversial Films, Limelight, New York, 2009 (p. 71-72).
13Mark Kermode, The Exorcist, BFI Modern Classics, BFI Publishing, 1997.
14Dans The Bad Seed, c’est effectivement le cas pour le meurtre du garçon lors de la sortie avec la classe, pour celui commis sur une vieille dame des années auparavant et enfin pour le crime concernant Jessup. Tous ces actes sont racontés au spectateur. Ils ne sont jamais montrés à l’écran. Dans The Exorcist, un parallèle peut être établi avec le film de LeRoy lorsqu’on pense au meurtre de Burke Dennings par Regan.
15Ni fessée ni châtiment divin dans The Exorcist, au contraire du film de LeRoy.
16La fin du film a été longtemps non seulement un sujet de discorde entre Friedkin et Blatty mais aussi un vecteur d’ambiguïté concernant l’issue entre le Bien et le Mal . Voir à ce propos le documentaire The Fear of God, présent en bonus sur l’édition DVD du 25e anniversaire (Warner Home Video, 2002), où réalisateur et producteur expliquent l’origine de ce différend.
17Jean-Baptiste Thoret, Le cinéma américain des années 70, collection Essais, Cahiers du cinéma, 2006.
18Voir notamment la scène où Kate explique, par le langage des signes, à sa petite fille sourde et muette ce qu’est devenue sa petite sœur, morte à la naissance.
19Jean-Pierre Coursodon, La Warner Bros., collection Cinéma singulier, Centre Georges Pompidou, 1992.
20Un système de censure tel que le Code Hays n'a jamais existé en Europe. Les cinématographies du continent sont notamment reconnues pour leur remise en question des valeurs du cinéma traditionnel classique avec l'émergence des "Nouvelles Vagues" dès les années 60, que cela soit en France, en Italie ou au Grande-Bretagne avec le Free Cinema.
21L'année 1960 est une année faste pour le cinéma britannique dont la production compte, parmi les exemples probants, le célèbre Peeping Tom de Michael Powell ainsi que le film de Karel Reisz Saturday Night and Sunday Morning; preuve de l'éclectisme dont faisait preuve les réalisateurs du moment.
22Acteur britannique à la filmographie imposante, George Sanders a travaillé tant en Angleterre qu'aux Etats-Unis avec les plus grands réalisateurs. Village of the damned est le dernier grand film de sa carrière. Quant à Martin Stephens, acteur-enfant à la carrière éphémère (1954-1966), il apparaîtra encore dans The Innocents de Jack Clayton en 1961, autre grand classique du film d'épouvante, avant de se retirer et d’étudier l'architecture.
23Dans Village of the damned, il s'agit en effet du village de Midwich. Le huis-clos deviendra une île (celle d'Almanzora) dans ¿Quién puede matar a un niño? et un cottage de la campagne anglaise dans The Children.
24Dans le contexte diégétique du film, une punition n'est aucunement justifiable puisqu'il apparaît évident que nous n'avons pas affaire à des enfants mais à des entités extraterrestres.
25Le film porte, en langue française, le titre des Révoltés de l'an 2000. Le titre anglais est quant à lui plus fidèle à l'original espagnol : Would You Kill a Child? Il faut cependant préciser que, dans le cadre d'une exploitation purement commerciale des films de genre, les distributeurs n'hésitaient pas à modifier le titre d'origine afin de le remplacer par un autre plus racoleur. Ce qui explique en partie l'incohérence du titre en français et justifie pleinement l'utilisation d'un second titre en langue anglaise destiné au marché de la vidéo, Island of Death.
26Le film s'ouvre sur un générique qui donne à voir des images, issues d'archives officielles, d'enfants morts ou à l'agonie durant la Seconde Guerre mondiale, la guerre d'Indochine ou encore lors de la famine au Nigeria. Le générique insiste sur la souffrance des enfants innocents face à la folie des adultes.
27http://devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=1873&NamePage=waz, consulté le 2 Juin 2014.
28Par rapport aux questions relatives à la transgression et à ses développements successifs.
29Parce que cela passe systématiquement par l'intermédiaire de jeux apparemment innocents.
30Dossier de presse du film (Vertigo Films / Icon Productions), 2009.
31http://www.arte.tv/fr/rencontre-avec-fabrice-du-welz/2950260,CmC=2251536.html, consulté le 2 Juin 2014.